Un des bonheurs de la navigation, c’est bien sûr l’autonomie et la liberté dans un espace sauvage. Pour ce faire, nous devons aussi être préparés à réagir à toutes les éventualités. Parfois, un passager peut tomber malade, ou un accident peut survenir et blesser un équipier. Le relatif isolement du navire nécessite un comportement adapté. Il sera le fruit de l’analyse combinée de la blessure de la victime et de la localisation du voilier. Plusieurs scénarii sont alors envisageables. Evoquons-les avec ocean-sailors.com.
La prévention d’abord
Un comportement adapté de chaque équipier est la première règle. Courir pieds nus sur un pont n’est par exemple pas prudent. De même, les manœuvres peuvent parfois nécessiter un équipement de protection comme des gants ou des chaussures. Faire la cuisine en mer comporte aussi des risques ; porter un bas de ciré permet de parer les brûlures graves en cas de roulis. Enfin, une trousse médicale conforme au règlement relatif à la sécurité des navires est par essence obligatoire. Au même titre que les fusées, les dates de péremption doivent être soigneusement contrôlées. Enfin, une formation aux premiers secours semble le minimum, au moins pour le skipper.
L’analyse de la situation médicale en mer
Quand survient un accident, le skipper doit pouvoir établir un premier bilan médical de la victime. En fonction de la gravité ou de l’urgence, il pourra être nécessaire de donner l’alerte via le canal 16 en émettant un message Pan. Le CROSS prendra alors le relais pour le mettre en relation, gratuitement, avec un médecin du Centre de Consultation Médicale Maritime de Toulouse, le CCMM. Au travers de cette conférence à trois -Navire-CROSS-CCMM- le médecin va effectuer le travail de régulateur, à l’image du centre 15.
Il faudra lui transmettre l’état de santé de la victime de manière factuelle, sans interprétation. Notez bien que même à l’étranger, vous pouvez demander cette consultation via le MRCC le plus proche (CROSS local). S’ensuivra alors un premier diagnostic. Un traitement pourra être prescrit en s’appuyant sur la trousse médicale réglementaire, mais une évacuation pourra également être décidée.
L’évacuation est décidée
La décision sera prise par le CROSS et par le CCMM. C’est ensuite l’antenne régionale du SAMU de Coordination Médicale Maritime (SCMM) qui prendra le relais. Le SCMM décidera de l’envoi d’une équipe médicale à bord, ou s’occupera du suivi par radio de la victime jusqu’au ralliement d’un port. Dans le cas d’une évacuation, plusieurs moyens peuvent être mobilisés : un navire plus rapide croisant à proximité, un hélicoptère ou une vedette de la SNSM.
Un système rôdé
Cette chaîne de décision est en place depuis 1983. Elle met en jeu le navire demandant assistance, le CROSS, le CCMM et le SCMM, c’est un schéma opérationnel unique en Europe. Au gré des progrès des technologies de communication, le centre médical de Toulouse propose des diagnostics de plus en plus précis et lointains. Vous pouvez même envoyer par MMS des images des blessures de la victime. Les communications par INMARSAT ou par radio MF et HF sont aussi prévues. En 2007, plus de 3000 téléconsultations ont été réalisées.
L’évacuation médicale n’est pas une chose anodine. Même si elle mobilise de gros moyens, elle sera décidée sans hésitation car la sauvegarde de la vie humaine en mer est une priorité. Il n’en reste pas moins, toutefois, que c’est au skipper et aux équipiers, en priorité, de faire en sorte de prévenir les accidents de manière systématique.
En savoir + :
- Ø la composition de la trousse de secours : Article 240-3.17 du décret relatif à la sauvegarde de la vie humaine en mer.
- Ø Le site du CCMM de Toulouse : centre de consultation médicale maritime
Les modalités d’appel du CCMM : C’est ICI


